samedi 27 janvier 2007

Une merveille

Je serai pèlerin,

Je marcherai

Je marcherai sous le soleil

Trop lourd, sous la pluie à verse et dans la tourmente.

En marchant, le soleil réchauffera

Mon cœur de pierre,

La pluie fera de mes déserts un jardin.

A force d’user mes chaussures,

J’userai mes habitudes.

Je marcherai

Et ma marche sera démarche.

J’irai moins au bout de la route qu’au bout de moi-même.

Je serai pèlerin.

Je ne partirai pas seulement

En voyage, je deviendrai

Moi-même un voyage,

Un pèlerinage.

Poème de Jean DEBRUYNNE. Témoignage dans l’Albergue Cuatro Cantones (Belorado)

samedi 9 décembre 2006

Burgos - retour : 20/07/2006


Pas de marche aujourd'hui.
Visite de la ville puis retour chez nous par le train ( 23h de train).

Atapuerca - Burgos : 19/07/2006


Douzième jour de marche . 22,2 km , 5h45


J'avais annoncé hier que la news 7 serait la dernière. Impossible de résister: 8 sera la dernière ...

Objectif atteint ! Saint-Jean-Pied de Port à Burgos, 294,4 km, 12 jours de marche, des kilomètres de dénivellé positif, YES !!!

Cette dernière étape a été menée tambour battant alors que nous avions décidé de la faire cool. La cathédrale de Burgos était rejointe à 13 h après plus de 20 km de marche.

Le reste de la journée a été occupé par la recherche de billets de train, une vraie corrida et la visite de la cathédrale gothique de Burgos, un vrai régal.

Pour l'heure, je suis couché et je vous souhaite une belle et douce nuit à tous.

Belorado - Atapuerca : 18/07/2006


Onzième jour de marche . 30,0 km , 8h15
Ce soir, je ne vous tiendrai pas longtemps. Je vous écris d'abord pour vous rassurer... Non, je n'ai pas été dévoré par les loups: trop coriace à mon âge sans doute !

L'étape d'aujourd'hui est terminée depuis quelques temps déjà, la douche est prise et la cerveza bue. Nous avions prévu 25 km et devions loger au monastère de San Juan de Ortega. Le gîte au monastère est assez austère - no aqua callende - et fort courru; nous avons décidé de prolonger de 6 km et de tester une toute nouvelle albergue à Atapuerca: joli et fonctionnel.

L'étape était agréable; après 12 km, nous avons quitté les champs de blé avec cette foutue N120 et entamé des forêts et des landes: de toute beauté et agréables à traverser malgré deux fortes montées. Mais tout nous paraît facile quand on a vécu et vaincu les Pyrénées.

Faire 6 km en plus aujourd'hui nous raccourcit d'autant l'étape de demain. Nous arriverons en principe vers 15 à Burgos terme du périple 2006. Jeudi, je reprendrai le train vers Bruxelles.

L'orage gronde depuis quelques temps et la pluie vient de connencer à tomber: une vraie bénédiction, en tout cas pour moi pauvre marcheur qui a souffert de la chaleur pendant 11 jours.

Je vais m'inquiéter doucement du souper. Ce message sera sans doute le dernier. En les écrivant, j'ai tenté de vous donner des nouvelles et une ambiance. Je les ai écrits aussi pour moi: en joignant le texte aux photos, j'espère aussi retrouver mon humeur au fil du chemin.

Merci de m'avoir lu
A bientôt !

Santo Domingo de la Calzada - Belorado : 17/07/2006


Dixième jour de marche . 26,0 km , 6h40

Hé bien non, ce n'est pas le pied ! La journée a mal débuté: je n'ai pas suffisament dormi et je me suis réveillé avec un manque d'eau dans le corps.

Même avec de nombreux points de chutes, l'étape est longue: du soleil, de la poussière et des cailloux mais surtout des portions sans fin le long de cette foutue N120.

Ce matin aussi, très tôt, j'ai commencé une douleur au pied gauche; un ongle me refait du souci. J'ai pu atténuer les choses mais elle est toujours là.

Nous venons de terminer le repas de midi composé d'un seul croissant et d'eau: frugal comme dirait Jacqueline.

Nous allons redémarrer pour les 9 derniers km sous la fournaise. Journée noire aujourd'hui; je pense trop à ma moto. Vivement ce soir...

A tantôt ?



Ce matin, nous sommes passés de la Rioja à la province de Burgos y Castilla é Leon. Le changement est impressionnant: on passe du raisin au blé. Les champs de blé s'étendent à perte de vue, des kilomètres carrés à n'en plus finir. Mais ici, la moisson débute seulement. Et moi qui souhaite de la pluie... Egoïste bouillon !

Nous sommes à Belorado, la douche est prise et la lessive pend sur le fil; elle sera vite sèche. Belorado est au pied d'une falaise qui compte 7 grottes. La place du village est simple mais jolie: disposée en rectangle, les maisons de 2 côtés ont l'étage qui s'avance supporté par des colonnes massives un peu comme en Armagnac. Le centre de la place est planté de platanes à la végétation dense et luxuriante qui protège admirablent de la chaleur: un véritable hâvre de fraîcheur !

Demain, nous aurons une montée rude jusqu'à 1.100 m: nous traverserons une forêt encore habitée par les loups ! Si je n'écris pas demain, j'aurai certainement été dévoré et mes os blanchiront dans la sierra.

A demain ! Je vais soigner mes pieds.

Soyons rassurant, disons que la journée se termine mieux qu'elle a commencé.

Bisou de Jean-Luc et Jacqueline

jeudi 7 décembre 2006

Najera - Santo Domingo de la Calzada : 16/07/2006


Neuvième jour de marche . 21,4 km , 5h30

Nous sommes le 16. Hier, je n'ai rien écrit: je n'en ai pas eu l'énergie. L'étape était longue de plus de 28 km et une erreur dans le balisage nous a mis 3 km en plus. Quand on voit sur la trace du gps la "forme" de ces 3 km, il y a de quoi râler. Mais à quelque chose malheur est bon... Nous sommes tombés sur des paysans hyper sympas qui nous ont offert l'eau fraîche pour nos outres, les olives noires à déguster à l'ombre de leur maison et un rioja blanc sorti d'une bouteille de 2 litres de coca: un vin qui ne laisse pas indifférent, acide, rafraîchissant et dont je n'ai pris qu'un verre. Surprise pendant la conversation avec la fille qui est prof de français ! Elle habite avec sa mère à Madrid à cuatro Caminos près du quartier de Vincent.
Vincent, tu reconnaitras facilement la vieille maman: elle a +/- 75 ans, des cheveux gris et porte un tablier bleu typique avec de petits motifs blancs.

Ce qui fait aussi la diificulté d'une étape, ce sont les longues portions de chemin sans ombre, inondées de soleil et qui n'en finissent pas: hier, 12 km et aujoud'hui 9 km. En plus, les arrivées de villes sont interminables: traversées de zones industrielles, de carrières, de presque taudis. Par toujours beau le chemin...

Nous sommes ce soir à Santo Domingo de la Calzada, un joli village comme l'Espagne sait les faire. Au centre, se dresse la cathédrale majestueuse trop grande pour ll'endroit. A l'intérieur, outre les autels d'ors que l'ont admire habituellent dans les églises espagnoles, on y découvre dans une chapelle une poule et un coq tout blancs, à crête rouge et ma fois, forts dodus: toute une légende !

Je suis assis à l'ombre par terre sur la place de la cathédrale; une harmonie nous joue des airs dont je n'en reconnais aucun. N'empêche, c'est très beau.

Pratiquement 220 km sont faits: plus que 3 jours à marcher...

Demain, 26 km avec 4 haltes intermédiaires: le pied !

Il y a deux jours, je vous ai parlé d'animaux typiques du chemin. Dans la liste, j'ai oublié les cigognes. Il y a beaucoup de ces oiseaux ici dans les villages sur les tours et les clochers.

L'orchestre termine par la Brabançonne. Emouvant, je me lève et suspends mon écriture.

Je vous laisse.

Bisou de Jean-Luc et Jacqueline

Logrono - Najera : 15/07/2006


Huitième jour de marche . 27,9 km , 8h15