
Neuvième jour de marche . 21,4 km , 5h30
Nous sommes le 16. Hier, je n'ai rien écrit: je n'en ai pas eu l'énergie. L'étape était longue de plus de 28 km et une erreur dans le balisage nous a mis 3 km en plus. Quand on voit sur la trace du gps la "forme" de ces 3 km, il y a de quoi râler. Mais à quelque chose malheur est bon... Nous sommes tombés sur des paysans hyper sympas qui nous ont offert l'eau fraîche pour nos outres, les olives noires à déguster à l'ombre de leur maison et un rioja blanc sorti d'une bouteille de 2 litres de coca: un vin qui ne laisse pas indifférent, acide, rafraîchissant et dont je n'ai pris qu'un verre. Surprise pendant la conversation avec la fille qui est prof de français ! Elle habite avec sa mère à Madrid à cuatro Caminos près du quartier de Vincent.
Vincent, tu reconnaitras facilement la vieille maman: elle a +/- 75 ans, des cheveux gris et porte un tablier bleu typique avec de petits motifs blancs.
Ce qui fait aussi la diificulté d'une étape, ce sont les longues portions de chemin sans ombre, inondées de soleil et qui n'en finissent pas: hier, 12 km et aujoud'hui 9 km. En plus, les arrivées de villes sont interminables: traversées de zones industrielles, de carrières, de presque taudis. Par toujours beau le chemin...
Nous sommes ce soir à Santo Domingo de la Calzada, un joli village comme l'Espagne sait les faire. Au centre, se dresse la cathédrale majestueuse trop grande pour ll'endroit. A l'intérieur, outre les autels d'ors que l'ont admire habituellent dans les églises espagnoles, on y découvre dans une chapelle une poule et un coq tout blancs, à crête rouge et ma fois, forts dodus: toute une légende !
Je suis assis à l'ombre par terre sur la place de la cathédrale; une harmonie nous joue des airs dont je n'en reconnais aucun. N'empêche, c'est très beau.
Pratiquement 220 km sont faits: plus que 3 jours à marcher...
Demain, 26 km avec 4 haltes intermédiaires: le pied !
Il y a deux jours, je vous ai parlé d'animaux typiques du chemin. Dans la liste, j'ai oublié les cigognes. Il y a beaucoup de ces oiseaux ici dans les villages sur les tours et les clochers.
L'orchestre termine par la Brabançonne. Emouvant, je me lève et suspends mon écriture.
Je vous laisse.
Bisou de Jean-Luc et Jacqueline